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SOCIÉTÉ
WALK AWAY with Little Yous
DAILY TRAVEL BOOK NUMBER K
CALIFORNIA, USA, 2014
Walk Away is an Orphan song released in 2006 by Tom Waits on a triple you need to hear. Walk Away is number 13, right before the Sea of Love. Walk Away is a beat dancing as we walk, claps under my steps in California.
Walk Away holds lyrics about a she and things done we can’t erase. I’m looking at the ocean. Walk Away is a heart beating on every page and the beginning starting at the end. I’m on a bike in Venice. Walk Away is no more rain and wonders about round and round. I’m going to the museum. Los Angeles is a frozen land despite the heat but there's Agnès Varda upstairs, talking California through a movie house, made of negatives. I'm a legal alien in L.A. Walk Away throws words as poison, blood, mirror. I am having a burger in Santa Monica. The voice says never, again, shake, thirst, cool. Someone stops me on Abbot to tell how great my pants are - the green hippie Balenciaga. I am walking under words such as murder, dog, roses. There’s a ray on the deadhead in the palm of my hand. Bone, drop, bend. Life has never been more wonderful. « I always get out of the trouble I'm in ». I wonder. If this is the beginning of something or if I’m wandering around; and if something is in my hands, if something has ever been, in my hands. He sings no more rain and Make it rain is another treasure of him in me. Don't know what I want with the rain. Strings in the track. I’m with Kathy and Matt in the secret garden. « I'm going away but I'm going to be back when it's time to walk away and start over again ». I’m laughing in a jacuzzi. Alone is paradise. It's also an american poem, so there's Cain and the Bible and sins. I have new addictions called Gelatina, Lemonade, everything Venice. I wanna live here somewhere between forever and for good. Claps are steps. Wandering around California with professional toys made for architects, I'm a child turning the world into sudden black and white landscapes. I write on my hands for the camera. Walk Away is right in the middle of dreams and reality. It’s a song written by Kathleen Brennan and Thomas Alan Waits.
L'idée de cette série m'est venue grâce au travail d'Emmanuel Biard, un ami architecte photographe qui a consacré une série photographique à ses "Little men". Il m'a prêté des femmes miniatures, héroïnes de maquettes, afin que nous construisions ensemble une série de dyptiques. Notre travail collectif n'a pas vu le jour mais j'ai emmené ses figurines en voyage en Californie et les ai promenées avec moi tous les jours afin de les mettre en scène à l'improviste dans le dédale des décors de Los Angeles et de Venice. Toutes les photographies ont été prises avec un téléphone stupide - il paraît que le meilleur appareil photo est celui que nous avons toujours sous la main...
J'ai volé un titre de Tom Waits pour intituler la série Walk Away, une mélodie entraînante qui figure sur un album d'orphelins. La chanson est une histoire de recommencement et de lignes de fuites, qui dit que le commencement prend racine à la fin. J'y vois une métaphore du sens du voyage comme une image du sens de la vie - le mot grec "telos" parle bien de ce chemin qui signifie la fin et le sens à la fois. Le voyage incarne à merveille cette idée d'une finalité qui prend sens au quotidien, faisant se confondre l'objectif et le chemin, la finalité et la route empruntée.
Les lecteurs bilingues verront que l'anglais m'a inspiré un autre texte consacré à la chanson-série, mais le fait est que j'ai horreur de traduire et qu'on ne pense jamais pareil dans deux langues. Mais je vais essayer. Walk Away est numéro 13, juste avant la mer d'amour sur un triple album qu'il faut que vous écoutiez. Walk Away est un beat qui danse alors qu'on marche, des mains qui claquent sous mes pas aux Etats-Unis.
Ce sont des paroles à propos d'une femme et de choses qu'on ne peut pas effacer. Je regarde l'océan. Walk Away est un coeur qui bat à chaque page et je suis sur un vélo sur la plage. Walk Away c'est s'en aller, tourner le dos à la pluie et s'interroger sur ce qui tourne en rond. Je vais au musée. Los Angeles est une terre gelée malgré la chaleur mais il y a Agnès Varda au premier étage, qui parle de la Californie à travers une maison de pellicules. Je suis une étrangère légale à L.A. Voilà, ça suffit, dans ma deuxième langue je suis beaucoup plus impudique, c'est connu ça, que la poésie n'est pas de la même gravité dans notre langue maternelle, je vais tourner la mienne sept fois avant de continuer à écrire, je ne me surveille pas dans ma deuxième langue, elle est beaucoup plus libre, beaucoup plus floue, elle fait des sons avec du sens en vous racontant le périple et ce qui se trame en dessous, voilà, apprenez l'Anglais pour lire l'histoire dans sa version originale. Non, c'est injuste, excluant, je vais tenter de continuer.
Walk Away balance des mots comme poison, sang, miroir. Je mange un burger à Santa Monica. La voix dit jamais, encore, shake, soif, cool. Quelqu'un m'arrête sur Abbot pour me dire que mon pantalon est extra - un Balanciaga hippie vert. Je marche sur des mots comme meurtre, chemin, roses. Y'a un rayon sur la tête de mort dans la paume de ma main. Bone, drop, bend. La vie n'a jamais été plus belle. "Je me sors toujours des ennuis dans lesquels je suis". Je me demande. Si c'est le début de quelque chose ou si je suis en train de traîner quelque chose. Si quelque chose est dans mes mains, si quelque chose a déjà été dans mes mains. Je ne traduis pas tout car tout n'est pas traduisible. Cordes dans le titre. Je suis avec Kathy et Matt dans le jardin secret. "Je m'en vais mais je serai de retour quand il sera temps de s'en aller et de recommencer". Je ris dans un jacuzzi. La solitude, c'est le paradis. Walk Away est un poème américain alors il y a Cain, la Bible et les péchés. J'ai de nouvelles addictions qui s'appellent Gelatina, Limonade, mon art de vivre est désormais à Venice. Je veux vivre ici quelque part entre à jamais et pour toujours. Les mains qui se touchent sont des pas, qui sont des marches. Je suis juste une enfant qui en Californie transforme le monde en noir et blanc avec des jouets pour professionnels de la construction d'habitat humain. J'écris sur mes mains pour l'appareil. Walk Away est exactement au milieu du rêve et du réel. C'est une chanson écrite par Kathleen Brennan et Thomas Alan Waits.
DAILY TRAVEL BOOK FROM THE SEA OF LOVE
INSTANT UNEDITED SHOTS
#DTB
The Daily Travel Books are sixteen volumes made of instant unedited shots. They are witnesses of a universe belonging to a moment in time where the best camera is the only one you carry with you.
Although they are not pretending to be art, a few shots by them have been shown in Paris and Barcelona’s collective and solo shows.
Often squared as if they were straight, the Deeteebees were fuzzy soft black stars until things exploded. Walking away in California, they cheated on squares and monochromes for a colorful Good Day spreading in Elle A. Flirting with documentary when they are other bricks in the wall from Paris, they are most of the time intimate love songs. Like for Marlon in green and blues, or Wasteland inspired by a kid from the woods. Instant love for the second they're living in, of course they dress in Polaroids sometimes. Using filters as a classical fiction technique, they are naked as unedited raws. Taken for themselves without any desire to be shown, they are very shy and deliver many sides of what time can be.
They obviously wouldn’t be themselves without Pink Floyd, Antony and the Jo, The Dresden Dolls, Tom Waits, TS Eliot and Woodkid, Grant Lee Buffalo and Keaton Henson or Unkle and Tash Sultana. They just can’t stop the music, cause they are nothing else but a soundtrack. Always on the move.
Be kind with them, they are sensitive.
THE SOUND OF D.T.B.
STANDING FOR DAILY TRAVEL BOOKS
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